Mécanismes comportementaux et interactions impliqués dans les décisions collectives

Intervenants

Les décisions collectives chez les animaux vivant en groupe dépendent à la fois des caractéristiques de chaque individu et du type d’informations dont ils disposent et qu’ils échangent avec les autres membres. Ce projet est divisé en trois parties. La première vise à étudier si la plasticité comportementale et physiologique s’exprime de la même manière chez des moutons appartenant à des groupes de tailles variées, c’est-à-dire à étudier dans quelle mesure les moutons modifient leur comportement par allélomimétisme. La seconde partie a pour but d’étudier le rôle respectif de la communication par contacts physiques et piste chimique dans la modulation du recrutement vers les ressources exploitées chez les fourmis coupeuses de feuilles. Enfin, la troisième partie étudie le rôle des informations privées et publiques sur les décisions collectives et la capacité d’un groupe humain à trouver une solution optimale à un problème d’estimation ou de choix.

 

Comment développer l’intelligence collective grâce à l’information sociale

Le développement des technologies numériques, des réseaux sociaux, des sites de commerce électronique et l’utilisation de systèmes de réputation ont profondément modifié la manière dont les individus interagissent et utilisent l’information sociale. Pour comprendre comment les décisions individuelles peuvent être influencées par les choix d’autres individus, nous avons étudié les performances de groupes de sujets dans des tâches d’estimation collective en contrôlant l’information sociale échangée entre les sujets, à leur insu. En collaboration avec le Laboratoire de Physique Théorique, la Toulouse School of Economics et l’Université d’Hokkaido, nous avons analysé en France et au Japon la sensibilité des individus à cette influence sociale et ont développé un modèle mathématique qui permet de prédire l’impact de la qualité et de la quantité d’information échangée entre les individus sur la performance collective et la précision des estimations d’un groupe. Les résultats (Proceedings of The National Academy of Sciences USA, 2017, http://www.pnas.org/content/114/47/12620.full) montrent que l’information sociale permet à un groupe d’accroître collectivement ses performances et la précision de ses estimations. Ces travaux ouvrent la voie au développement de nouveaux algorithmes pour favoriser les capacités de coopération et de collaboration au sein de groupes humains.

Référence:

Jayles, B., Kim, H-R., Escobedo, R., Cezera, S., Blanchet, A., Kameda, T., Sire, C.,  and and Theraulaz, G. (2017). How can social information improve estimation accuracy in human groups. Proceedings of The National Academy of Sciences USA, 114: 12620-12625.

 

L’effet d’apaisement social: un effet du nombre de congénères ?

Lorsque les êtres humains ou les animaux seuls sont soumis à un stimulus stressant ou sont malades, ils y ont face ou récupèrent mieux en présence d’un congénère que seuls. Ce phénomène d’apaisement social a fait l’objet d’une explosion de travaux en neurosciences depuis 2010. Cependant, rares sont ceux qui se sont intéressés à l’effet du nombre de congénères sur le support ou l’apaisement social. Des travaux préliminaires chez le mouton et la souris montrent que les sujets sont sensibles au nombre de congénères. Nous souhaitons explorer les bases neurophysiologiques, éthologiques et sociales qui sont impliquées dans les réponses individuelles et collectives de sujets soumis à un stimulus stressant.

Financements

 

Université Paul Sabatier
118 Route de Narbonne

31062 TOULOUSE Cedex
France

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