Des butineuses mobilisées à la dopamine : la découverte d’un neurotransmetteur de l’appétence chez les abeilles

Le cerveau des mammifères analyse en permanence le monde alentour à la recherche de récompenses potentielles ; la dopamine est le signal associé à ce comportement de recherche. Ce neurotransmetteur est libéré par un réseau cérébral appelé « système de l’appétence » (wanting system). Jusque-là, l’existence d’un système équivalent chez les insectes était inconnue.Ce n’est désormais plus le cas !

Martin Giurfa (CRCA -CBI) et son équipe, en collaboration avec l’Université agricole et forestière de Fujian, Chine, a étudié, pendant quatre ans, des abeilles butineuses qui quittaient leur ruche, motivées par des attentes spécifiques en matière de récompense alimentaire.

Dans un article publié dans la revue Science, ils montrent pour la première fois qu’un système reposant sur la signalisation dopaminergique existe et s’active chez les abeilles butineuses en quête de nourriture et pendant la danse qu’elles utilisent à l’intérieur de la ruche pour communiquer à leurs congénères la présence des sources alimentaires à exploiter. Ainsi, les abeilles possèdent un système d’appétence qui repose sur la signalisation dopaminergique, mais qui s’inscrit dans un contexte social : la nourriture obtenue n’a pas pour but la satisfaction de la faim individuelle mais est destinée à satisfaire les besoins de la colonie. L’activation de ce système pendant la danse suggère en outre que les abeilles ne fournissent pas seulement des informations sur la distance et la direction d’une source alimentaire attirante à travers la danse ; elles évoquent également des souvenirs sur un objectif désiré en dansant.

 

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Martin Giurfa