Quand ses voisins mettent la pression, la cellule prend son destin en main

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L’émergence des formes est l’un des aspects les plus fascinants de l’embryogenèse. Elle repose sur une orchestration précise où les cellules ajustent leur géométrie et coordonnent leurs comportements pour sculpter les futurs tissus. Magali Suzanne et son équipe Tatiana Merle, Martine Cazales, Ronan Bouzignac et Amsha Proag (MCD-CBI), ses collaborateurs Thomas Mangeat, Brice Ronsin, Christian Rouvière (LITC-CBI) et Eve Pitot (IPBS) montrent comment la pression exercée par les tissus voisins guident la formation des plis dans la patte de la drosophile en cours de formation.

Pendant le développement embryonnaire, au cours de la morphogenèse, la patte de drosophile est formée d’un tissu en forme de cylindre constitué de cellules épithéliales jointives. Au début de la formation des articulations, ce tissu se plie pour créer les futurs segments de la patte. Des travaux précédents avaient montré que la mort programmée de certaines cellules (appelée apoptose) dans la zone du futur pli, génère les forces mécaniques nécessaires à cette courbure. Mais toutes les cellules ne passent pas à l’action et seul un sous-ensemble va mourir. Dans cette étude, l’équipe de Magali Suzanne a étudié l’influence de la compression, c’est-à-dire la pression exercée sur la patte par les tissus voisins, sur la formation du pli et le déclenchement de la mort de ces cellules.