Organismes modèles
Dans le microbiote aussi, le collectif dépasse l’individu. Amélie Cabirol (CRCA-CBI) et ses collaborateurs montrent que les effets du microbiote intestinal sur le cerveau dépendent de l’ensemble de la communauté microbienne et non de bactéries isolées.
Chez l’abeille, seuls les individus possédant un microbiote complet présentent des capacités optimales d’apprentissage et de mémoire. Ni les bactéries prises individuellement, ni les microbiotes partiels ne permettent de reproduire les performances observées avec le microbiote entier. Ces observations suggèrent que les interactions entre microorganismes jouent un rôle déterminant dans les effets du microbiote sur le cerveau.
Afin de comprendre les mécanismes biologiques impliqués, Amélie Cabirol et ses collaborateurs ont également mis en lumière le rôle du métabolisme du tryptophane, déjà impliqué dans la communication microbiote-intestin-cerveau chez de nombreuses espèces, dont l’être humain.
Au-delà du modèle de l’abeille, ces travaux renforcent une vision “systémique” du microbiote et ouvrent de nouvelles perspectives pour comprendre comment les microorganismes influencent le développement et le fonctionnement du cerveau.
À plus long terme, ils pourraient contribuer à la conception de stratégies thérapeutiques fondées sur le microbiome pour agir sur la santé de ces pollinisateurs essentiels, mais également sur les troubles cognitifs et neurodéveloppementaux chez l’humain.
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